Quand la joie avait un parfum de craie
- eva layani
- 13 juin
- 2 min de lecture

Quand je vois cette image j’ai l’impression que je vais m’envoler, plus haut que le ciel, plus haut que l’échos de mon rire qui se mélange à mes pas qui retombent en rythme sur les cases de la Marelle improvisée.
Si je ne me trompe pas, j’étais au CP aux Maradas Verts avec ma copine Anne-Claire qui était si blonde, si calme et si grande, si différente et pourtant si proche. Anne Claire et son parrain le paster, son père inconnu et sa maman si courageuse. Anne Claire qui aimait tant les animaux et le caritatif et le catéchisme et les Chabat chez nous avec tout le bruit des cris, des prières et des rires, tout le cri de la vie qu’elle n’avait pas chez elle.
Il y avait un parfum de craie, du Chanel numéro 5, des petits plats marocains, des histoires des enfants aidés par Marie-Claire et des discours de mon père.
A l’époque ma vie c’était jouer, parler, embrasser et rire, sans jamais m’arrêter. Je ne sais plus trop si je n’ai jamais connu de sentiments de jalousie ou de tristesse. Colère oui, frustration évidemment mais une frustration d’un trop plein d’envie, d’amour qui déborde. Pas de manque. Je ne me rappelle pas du sentiment de manque.
Mais ce qui me reste encore c’est un amour infini pour la vie et toutes ses facettes : les glaces vanille pistache, les cordes à sauter, les dessins animés sur la télé du salon, les biberons de mon amour de petit frère et les copines qui dorment à la maison.
Je n’ai pas choisi cette image par hasard, elle me ramène au moment le plus heureux de ma vie, j’ai eu mes parents pour moi-seule pendant 5 longues années et là je peux tout partager, expliquer à ce petit bébé qui nous a rejoint
J’écris, et dans mon corps je sens mes kilos fondre, mes cernes aussi et mon sourire s’élargir, mes jambes se renforcer, mon énergie se rengorger et je rêve de courir
Celle que j’étais à l’époque ne savait pas que ce sentiment ne durerait pas toute la vie mais qu’il m’aiderait à surmonter des montages que je n’aurais jamais cru pouvoir/devoir un jour gravir.
La musique qui l’accompagnait c’étaient des airs de fête, de danse autour de la cheminée noire suspendue dans le grand salon de la maison de Vélizy.
Aujourd’hui je peux dire merci à cette petite fille qui me rappelle la sensation de la joie pure, l’authenticité des moments oubliés.
Ce soir, lundi 25/05/2026 j’ai retrouvé la trace invisible de la légèreté. Ce souvenir dit de moi que j’ai besoin de ces moments-là pour retrouver mon moi vrai, celui qui me pousse à monter sur les tables, à crier à gorge déployée, à chanter faux et danser vrai.



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